Belle perspective de réparation: L’esclavage enfin reconnu.

La Traite des Africains reconnue comme le « plus grave crime contre l’humanité » à l’Assemblée générale de l’ONU.

droits pour elles reconnaissance de l

New York, le 25 mars 2026

Une page d’histoire vient de s’écrire au siège des Nations Unies. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, l’Assemblée générale a adopté une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le « crime le plus grave contre l’humanité »

Portée avec détermination par le Ghana et soutenue par un bloc de nations africaines et caribéennes, cette décision brise un silence diplomatique de plusieurs siècles et place la question des réparations au centre de l’agenda international.

Un vote qui dessine une nouvelle géographie morale

En cette Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique, l’Assemblée générale des Nations Unies, en sa 80ème session, a adopté ce mercredi 25 mars 2026 la résolution portant « Déclaration de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains comme le plus grave crime contre l’humanité ».

La résolution (référencée sous la cote A/80/L.48) a été approuvée par 123 voix pour. Si les applaudissements ont nourri l’hémicycle, le scrutin a aussi révélé des lignes de fracture persistantes :

  • Contre (3) : Les États-Unis, Israël et l’Argentine se sont opposés au texte.
  • Abstentions (52) : Une grande partie de l’Union européenne et le Royaume-Uni ont choisi la réserve, illustrant la difficulté des anciennes puissances coloniales à engager leur responsabilité juridique.

Ce que dit le texte (Verbatim)

Le document ne se contente pas de mots symboliques, il utilise une terminologie juridique d’une force inédite :

« L’Assemblée générale […] proclame sans équivoque que la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent les plus graves crimes contre l’humanité, en raison de la rupture décisive qu’ils ont provoquée dans l’histoire mondiale, de leur ampleur, de leur durée et de leur caractère systémique. »

Il affirme également qu’il est « impératif de remédier aux torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine afin de contribuer à la justice, aux droits humains, à la dignité et à l’apaisement. »

La résolution reconnaît que les séquelles de ce crime (racisme systémique, sous-développement économique et traumatismes transgénérationnels) sont des réalités vivantes. Elle appelle ainsi à :

  • La restitution des biens culturels et œuvres d’art pillés.
  • Des mécanismes de compensations financières et d’investissements structurels.
  • Une réforme des programmes éducatifs mondiaux pour refléter la vérité historique.
droits pour elles article onu elizabeth scaffidi un mémorial de l’esclavage à stone town, à zanzibar, en tanzanie.

Droits pour Elles, Elizabeth Scaffidi, un mémorial de l’esclavage, Zanzibar-Tanzanie (Stone Town)

Un tournant majeur pour le Droit International

Pour nous, juristes et défenseurs des droits, cette proclamation marque deux avancées majeures :

  1. La consécration du Jus Cogens : En qualifiant ce crime de « plus grave », l’ONU renforce l’idée que l’interdiction de l’esclavage est une norme impérative (jus cogens). Cela rend ces crimes non seulement imprescriptibles, mais impose une obligation de réparation à l’échelle mondiale.
  1. De la reconnaissance à la réparation : Contrairement aux déclarations passées, comme celle de Durban (2001), cette nouvelle résolution lie explicitement la qualification de crime à un processus de justice transitionnelle. Il ouvre la voie juridique pour exiger des excuses formelles, la restitution des biens culturels pillés et des mécanismes de compensation financière.

En définitive…

Cette victoire diplomatique est un hommage aux millions de vies sacrifiées et une boussole pour les générations futures. Pour que cette résolution ne reste pas une « illusion » de papier, elle doit désormais être invoquée devant les tribunaux et intégrée dans nos législations nationales. Il est temps, enfin, que la justice s’exécute.

Votre adresse mail ne sera ni partagée, ni publiée lorsque vous commentez nos articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *